Friday, April 6, 2012

La fin des vacances

Deux heures du matin, aéroport d’Addis Ababa; billet en main pour Paris, via le Caire. Ça y est, mes aventures africaines sont terminées. À moins que le sac laissé sans surveillance à côté de moi n’explose soudainement, mais vous savez quoi ? Je n’en ai pas très envie.

Mes derniers jours en Éthiopie ont été de nouveau agrémentés de joyeuse compagnie. J’ai rejoins Raf, un ami de ma petite sœur rencontré en Tanzanie, et Mike, son ami américain, à Harar (par où je devais repasser à mon retour du Somaliland). Nous avons rapidement sympathisé sur la terrasse du Ras Hotel d’Harar, les pintes et le vin sud-africain aidant. Encore une fois, j’ai eu une chance incroyable, car non seulement Raf et Mike m’ont tenu compagnie, mais ils ont aussi eu la gentillesse de me proposer de les joindre dans leur 4x4 jusqu’à Addis, et sans me demander le moindre sou. J’ai donc eu le plaisir de passer les derniers jours de mon voyage bien accompagné dans un 4x4 presque luxueux, en plus faire un petit détour par le parc national d’Awash histoire de voir quelques oryx et autres koudous. Sans parler des discussions intéressantes et des économies substantielles. Je dois vraiment avoir un bon karma.

Un retour en Éthiopie après un bref séjour au Somaliland m’a fait voir à nouveau tout ce qui fait le charme de l’Éthiopie, et tout ce qui peut rendre le pays franchement énervant. Les sempiternelles demandes d’aumônes, les pseudo-rastafaris qui veulent t’arnaquer et les infrastructures parfois déficientes parviennent-ils à gâcher la beauté et l’intérêt du pays ? Non, bien sûr, mais il rende un séjour ici nettement moins reposant.

Mais tout ça est désormais presque derrière moi. Cinq mois de voyage en Afrique, à quelques jours près. Je suis épuisé, mes finances sont en déroute (encore), mais j’ai eu un plaisir fou. Je referais tout ça demain matin, en autant que la nuit dure quelques semaines.

Je ne vous ferai pas un bilan de mon aventure, je vous épargne aussi la traditionnelle nouvelle perception de l’Afrique. L’Afrique est telle qu’on se l’imagine et complètement différente. Incroyablement frustrante et très stimulante. Désespérément pauvre et immensément riche. Dangereuse et accueillante. Demandante et gratifiante. Épuisante et énergisante. Et plein d’autres beaux adjectifs encore, que je n’ai pas la force d’énumérer.

Je crois qu’il faudra me laisser quelques jours pour que ces cinq mois forment dans mon esprit une image plus cohérente qui me permette de vous dire ce que je pense vraiment de ce continent. Je l’ai traversé d’Ouest en Est, mais je n’en ai certainement pas vu tous les recoins non plus. J’ai aussi volontairement choisi des pays parmi les moins « séduisants », ce qui a certainement influencé mon expérience. Passer deux semaines en Gambie ou au Liberia ne laisse pas tout à fait la même impression, évidemment. Cela faisait partie du défi : je sais maintenant que je peux m’en sortir dans n’importe quel pays du monde sans trop de problème. Je vous le disais, un héros des temps modernes.

Bien que mon voyage en terre africaine ne prenne véritablement fin que cette nuit, c’est en me baignant dans les eaux du golfe d’Aden, au Somaliland, que j’ai eu ce sentiment de devoir accompli qui accompagne souvent la fin de mes voyages. Ça y est, j’ai traversé l’Afrique, du golfe de Guinée au golfe d’Aden. Un voyage complètement fou qui s’achève. En me laissant porter par les vagues, le soleil couchant au loin, j’ai eu envie de rire, de célébrer, de fêter, ce qui n’est pas nécessairement facile au Somaliland. Mais il est temps de rentrer. Je regarde ma montre : 17h 30. Dans un moment tout à fait proustien, je me suis remémoré les voyages à la mer avec mes parents, les quelques jours de bonheur à barboter dans l’océan. 17h 30, l’heure habituelle du retour vers le camping, et demain le départ vers la maison. Cette fois encore, les vacances sont bel et bien terminées. Et maintenant, il est temps que je fasse quelque chose de ma vie.

François

1 comment:

  1. Bonjour,

    Chouettes articles, joli recul, sympathique point de vue. J'espère que le retour se passe bien. A l'occasion, si ça te manque, on peut parler d'Afrique. Et si je me lance dans l'Asie centrale je reviendrai te poser des questions.

    Au plaisir,
    Edith

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